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Bonjour, 

Aujourd'hui, encore de la lecture pour terminer avec mes livres de l'été. Allez on y va...

À bientôt 16 ans, Colin est un orphelin auquel il manque des pans entiers de son histoire. En retournant sur Mornesey, l'île qui l'a vu naître, l'adolescent compte bien combler cette mémoire amputée. C'est ici, entre le phare des Enchaînés et les ruines de l'abbaye Saint-Antoine, qu'il va croiser la silhouette qui bousculera toutes ces certitudes – figure familière et inconnue. Ce fantôme serait-il son père ? Lui aurait-on menti toute sa vie ? Car les secrets pullulent sur cette île de brigands. Des secrets pour lesquels on tue. Et Colin semble être au cœur de chacun d'entre eux. Un sans-famille au sang maudit...

Oui, je sais, la dernière fois que j'ai lu un Bussi, je vous avais dit que je n'en lirai plus mais ne dit-on pas pour la fontaine... Enfin vous voyez ce que je veux dire. Et puis, ce Bussi n'est pas un "récent" mais une reprise d'un ancien manuscrit. Et je dois dire que là j'ai retrouvé le vrai Bussi: du suspens et une bonne histoire. Note: 15/20

Vous avez trois cents amis sur Facebook et quatre cent cinquante followers sur Twitter, mais à quand remonte le dernier dîner en famille où vous avez eu une vraie conversation avec vos enfants ? Le monde va-t-il s'arrêter de tourner si vous éteignez votre iPhone ? C'est le genre de questions que Susan Maushart se pose quand elle embarque ses trois adolescents de quatorze, quinze et dix-huit ans dans une cure de déconnexion de tous les médias électroniques pendant six mois. Après quelques semaines totalement sans électricité, pour commencer par un électrochoc, ils font disparaître de la maison tous les écrans. Plus de télévision, plus de connexion Internet, d'ordinateur, de smartphone : juste une ligne de téléphone filaire et des mobiles basiques. Hors de la maison, tout est possible encore à la bibliothèque, au cybercafé ou chez les amis.
Chacun réagit à sa manière et, petit à petit, les effets de cette confrontation au réel, à la " Vraie Vie ", se font sentir. L'ennui stimule la créativité des ados qui se mettent à lire, à cuisiner, à bavarder autour de la table, à manger de façon plus équilibrée, à combler leur dette de sommeil, à progresser scolairement, à faire de la musique... La vie de famille quotidienne reprend une consistance. Les enfants – " natifs " numériques, qui ne se contentaient pas d'utiliser les médias mais vivaient dans les médias (" un peu comme les poissons vivent dans l'eau : avec grâce, avec innocence et sans la moindre interrogation existentielle, ou même simple curiosité, quant à leur présence dans cet environnement ") – prennent du recul et sont amenés à réfléchir sur leur comportement. Et Susan ne ressort pas non plus indemne de cette expérience qui lui permet de faire le point et l'amènera quelques mois plus tard à bouleverser totalement sa vie.
L'alternance entre récit autobiographique et réflexion de fond, où sont convoquées des sources objectives (statistiques, recherches, articles), donne une portée universelle au témoignage de cette famille qui se reconnecte au bout de six mois, métamorphosée.

 Alors rien de nouveau avec ce livre: oui internet et les écrans nous coupent du monde, oui, il faut faire attention à nos enfants, oui sortir un peu d'internet et des écrans est possible et même bénéfique. Bref, je ne vais pas encore vous faire la morale, je pense que vous êtes suffisament grands pour comprendre les dangers liés à tout ceci et à l'utilisation abusive des écrans pour tous. Mais un livre intéressant car la famille de l'auteur a réellement tenté de se sevrer de tout cela et bizarrement les ados s'en sont super bien sortis. Non ils ne sont pas "morts"! Mais c'est également un peu long à lire... Et puis j'en ai déjà lu pas mal sur le sujet et cela devient récurent. Note: 12/20.

Sur le parking d’un supermarché, dans une petite ville de province, une femme se démaquille méticuleusement, tristement. Enlever sa perruque, sa robe de soie, rouler ses bas sur ses chevilles : ses gestes ressemblent à un arrachement. Bientôt, celle qui, à peine une heure auparavant, volait quelques instants de joie et dansait à corps perdu sera devenue méconnaissable. Laurent, en tenue de sport, a remis de l’ordre dans sa voiture et dissimulé dans le coffre la mallette contenant ses habits de fête. Il s’apprête à retrouver femme et enfants pour le dîner. Petit garçon, Laurent passait des heures enfermé dans la penderie de sa mère, détestait l’atmosphère virile et la puanteur des vestiaires après les matchs de foot. Puis il a grandi, a rencontré Solange au lycée, il y a vingt ans déjà. Leur complicité a été immédiate, ils se sont mariés, Thomas et Claire sont nés, ils se sont endettés pour acheter leur maison. Solange prenait les initiatives, Laurent les accueillait avec sérénité. Jusqu’à ce que surviennent d’insupportables douleurs, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus réfréner ses envies incontrôlables de toucher de la soie, et que la femme en lui se manifeste impérieusement. De tout cela, il n’a rien dit à Solange. Sa vie va basculer quand, à la faveur de trois jours solitaires, il se travestit pour la première fois chez eux. À son retour, Solange trouve un cheveu blond… Léonor de Récondo va alors suivre ses personnages sur le chemin d’une transformation radicale. Car la découverte de Solange conforte Laurent dans sa certitude : il lui faut laisser exister la femme qu’il a toujours été. Et convaincre son entourage de l’accepter. La détermination de Laurent, le désarroi de Solange, les réactions contrastées des enfants – Claire a treize ans, Thomas seize –, l’incrédulité des collègues de travail : l’écrivain accompagne au plus près de leurs émotions ceux dont la vie est bouleversée. Avec des phrases limpides, des mots simples et d’une poignante justesse, elle trace le difficile chemin d’un être dont toute l’énergie est tendue vers la lumière. Par-delà le sujet singulier du changement de sexe, Léonor de Récondo écrit un grand roman sur le courage d’être soi.

 Alors je ne vais pas trop vous en raconter sur l'histoire tout simplement parce que le résumé est assez explicite. Mais ce livre m'a interpellé sur beaucoup de points. Petite question: quand on est un homme et qu'on se sent femme mais qu'on a du désir pour une autre femme, est-on hétéro ou homo? Et la femme de Laurent, si elle continue de l'accepter tout en sachant ce qu'il est, à son tour, est-elle amoureuse d'un homme ou d'une femme? Certains vont me répondre: elle est amoureuse d'une personne! Oui mais ce n'est tout de même pas la même chose: toucher le corps d'un homme et d'une femme n'offre sûrement pas les mêmes sensations. Bref, je me questionne. Et puis, je pense aux enfants. On peut être un homme et se sentir femme ou inversement mais lorsque Laurent décide de devenir femme, j'ai l'impression (ou alors l'auteur n'a pas sur assez le faire ressortir) qu'il ne pense pas assez à ses enfants. Il décide et point barre, ils doivent l'accepter. Mais comment un enfant peut-il réagir intérieurement de voir son père devenir du jour au lendemain une femme. Quelle image cela lui renvoie-t-il de sa propre identité, de sa sexualité. Bref, beaucoup de questionnements comme je vous le disais. A vous de vous faire une opinion. Note: 14/20.

On finit avec plus de légéreté! 

Elles se sont rencontrées à la fin des années 1960 et ne se sont plus quittées : tout le monde les appelle "les Suprêmes", en référence au célèbre groupe de chanteuses des seventies. L'intrépide Odette converse avec les fantômes et soigne son cancer à la marijuana sur les conseils avisés de sa défunte mère, tandis que la sage Clarice endure les frasques de son volage époux pour gagner sa part de ciel. Toutes deux ont pris sous leur aile Barbara Jean, éternelle bombe sexuelle que l'existence n'a cessé de meurtrir. Complices dans le bonheur comme dans l'adversité, ces trois irrésistibles quinquas afro-américaines se retrouvent tous les dimanches dans l'un des restaurants de leur petite ville de l'Indiana : entre commérages et confidences, rire et larmes, elles se gavent de poulet frit en élaborant leurs stratégies de survie. Invitation à une lecture aussi décalée que féconde de la problématique raciale aux Etats-Unis, ce formidable roman de l'amitié et de la résilience propose une exemplaire défense et illustration de l'humanisme conçu comme la plus réjouissante des insurrections.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui m'a fait penser à tout un tas d'autres: beignets de tomates vertes ou le secret de la manufactures des chaussettes inusables. C'est un livre frais et plein de bons sentiments avec en toile de fond les difficultés liées à la vie des noirs aux Etats Unis au début des années 1900 à nos jours. On suit la vie des 3 suprêmes avec leurs joies et leurs peines qui peuvent ressembler aux nôtres également. Bref, un bon livre pour passer un bon moment. Note: 16/20.

Et comme il y a une suite et bien la voilà:

Lorsqu'une romance naît sur le tard entre deux octogénaires - Forrest Payne, propriétaire du sulfureux Pink Slipper Gentlemen's Club, et Beatrice Jordan, connue pour proférer des menaces de damnation éternelle en direction des clients sortant de ce lieu de perdition -, leur mariage attire en ville une véritable légende. El Walker, le grand guitariste de blues, a en effet accepté de venir jouer le morceau préféré du marié, son vieil acolyte, à Plainview, dans l'Indiana, précisément là où il avait juré quarante ans plus tôt - et à juste titre - de ne plus jamais remettre les pieds. Mais El ne sera pas le seul natif de Plainview à voir se dresser devant lui les fantômes du passé. Attablé chez Earl comme tous les dimanches après la messe, l'inséparable trio des "Suprêmes" est de retour avec son lot de défis à relever : Clarice, face à la chance (et la peur) de sa vie, celle d'embrasser une grande carrière de pianiste longtemps appelée de ses voeux ; Barbara Jean, aux prises avec la mort d'une mère dont la vie fut synonyme d'humiliation pour toutes deux ; et Odette, confrontée aux colères d'un mari qu'elle ne parvient plus à comprendre. Après le triomphe de son premier roman, Edward Kelsey Moore revient avec une bouleversante histoire de pères et de fils, de péchés de jadis et d'acceptations à venir, qu'incarnent de nouveau, sous le signe d'une irrésistible drôlerie, des personnages aussi puissants qu'attachants.

On retrouve avec plaisir les suprêmes et leurs conjoints qui prennent d'ailleurs un peu plus de place dans ce livre. Il sert surtout de point de départ pour nous en apprendre davantage sur l'enfance des suprêmes. Bref, à lire vite à la suite du précédent. Note: 16/20.

Voilà, ce sont tous les livres que j'ai lus cet été. Je ne vais bien sûr pas m'arrêter là mais avec la rentrée, ils vont sûrement être moins nombreux. Sur ce passez une belle journée, et à bientôt.